15Fév2016

Dialogue Arab-CAD

Le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE a participé le 18 janvier 2016 à une séance de dialogue avec des hauts représentants des pays arabes, accueilli par le Fonds de l’OPEP pour le développement international. Les participants se sont donc réunis à Vienne pour discuter des politiques en matière de développement. Sous le thème global de l’accomplissement de l’Agenda 2030 pour le développement durable, la réunion a comporté une séance sur le rôle du secteur privé dans les États fragiles et touchés par des conflits.

Le secteur privé dans les États fragiles et touchés par des conflits

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Le Dialogue international sur la consolidation de la paix et le renforcement de l’État a assuré sa présence lors de la séance.  En effet, dès l’élaboration du New Deal pour l'engagement dans les États fragiles par le Dialogue international sur la consolidation de la paix et le renforcement de l’État en 2011, un forum a été créé pour améliorer le dialogue public-privé dans des secteurs spécifiques afin de renforcer la confiance et les pratiques commerciales dans ces contextes difficiles. Dans un but de sensibiliser les entreprises, et d’encourager l’investissement, plusieurs projets ont été pilotées en Afghanistan, au Pakistan, en République démocratique du Congo et en Sierra Leone (tous des pays qui sont au cœur des activités des membres du CAD et des pays arabes représentés) et ce  grâce à l’assistance du Dialogue International. C’est également dans cet esprit que le Dialogue International accorde une importance particulière à l’inclusion et à la priorisation des pays fragiles lors des discussions portant sur l’aide au développement, et sur les possibilités de susciter d’autres sources de financement, dont l’investissement privé.

Madame Sari Lehtiranta, Directrice de l’Unité pour les politiques du développement auprès du ministère finlandais des Affaires étrangères (la Finlande étant un précèdent co-président du Dialogue International), a affirmé que le Dialogue International joue un rôle important dans la meilleure compréhension du rôle du secteur privé dans les États fragiles.  Madame Sari Lehtiranta a insisté sur les avantages découlant des économies basées sur la connaissance, et a signalé que le débat doit donc aller au-delà de la mobilisation des ressources publiques. À son avis, les résultats de plusieurs projets pilotes menés par le Dialogue International (notamment en Afghanistan, Sierre Leone et au Pakistan) seront instructifs, et les informations récoltées seront largement diffusées. Très familiarisée avec les efforts dans ce domaine, Madame Lehtiranta a également souhaité mettre en lumière le fait que les entreprises ont d’ores et déjà un meilleur accès aux normes internationales en matière de pratiques exemplaires dans les États fragiles grâce aux collaborations entre les acteurs clés, qui ont été facilitées par le Dialogue International.

Madame Reem Badran, PDG de l’entreprise jordanienne, Al-Hurra, a également pris la parole, soulignant que le secteur privé ne pourra pas prospérer dans les pays fragiles tels que l’Irak tant que leurs institutions restent si affaiblies par rapport aux pays voisins. Elle a toutefois salué l’OCDE pour son engagement dans ce pays afin qu’il modifie certains règlements qui permettront à long terme la réalisation de progrès, surtout dans le secteur agricole, ainsi que ceux de l’énergie et du tourisme. La clé est de relancer la discussion avec le secteur privé, a-t-elle ajouté. L’intervenant suivant, Monsieur Eckhard Volkmann, Chargé de bureau pour le Yémen (Division du Moyen Orient) auprès du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, a mis en exergue le rôle du Fonds de transition comme un outil important pour favoriser l’inclusion financière, se traduisant par un meilleur accès aux services financiers pour les ménages et entreprises dans les pays en développement. Enfin, Monsieur Carlos Conde, Chef de la Division Moyen-Orient et Afrique auprès du Secrétariat des Relations Mondiales à l’OCDE, a pour sa part appuyé le point de vue sur le rôle crucial du secteur privé dans les États en conflits, et après les conflits. L’OCDE a notamment approuvé le Cadre d'action pour l'investissement qui aide à la formulation de politiques d’investissement pour les pays fragiles. Parallèlement, les plateformes multilatérales constituent un forum pour l’échange de bonnes pratiques, et prennent de plus en plus d’importance dans le contexte actuel marqué par des incertitudes tant économiques que politiques.

Aux côtés de divers représentants des institutions internationales telles que la Banque africaine de développement et l’Union européenne, les intervenants ont réussi à mener un dialogue constructif et ouvert, et en ont tiré des conclusions claires. Parmi celles-ci, la nécessité d’adopter de nouvelles régulations en termes de la politique concernant les réfugiés. Ainsi, les pays d’accueil et le secteur privé pourront s’engager davantage avec ce groupe cible, dont la durée moyenne de séjour s’élève désormais à 13 ans. Enfin le Dialogue International a su tirer profit de cette réunion, se félicitant des nouvelles synergies et réaffirmant le rôle crucial que joue le secteur privé dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030.